Le jardinage par la lune, ou plus précisément, selon les phases de la Lune, est une pratique qui date depuis des millénaires. Mais depuis ces dernières années, il est de plus en plus en vogue dans les livres, les blogs, et d’autres matériels pédagogiques qui prônent du mouvement permaculture «une philosophie de travailler avec, plutôt que contre la nature.’ Les sceptiques se demandent comment un morceau de roche avec plus de 200.000 miles de distance peut affecter la façon dont les plantes poussent sur la terre. Voici un aperçu de la façon dont la phase de la lune affecte la croissance des plantes.
La philosophie du jardinage lunaire
Le jardinage lunaire n’est pas né d’une lubie récente. Depuis des générations, les almanachs agricoles guident les cultivateurs en leur indiquant des périodes précises pour semer, planter, désherber ou tailler, le tout en suivant la position de la lune. Pour certains, c’est une tradition presque sacrée. Cette méthode repose sur l’idée que l’eau, qu’elle se trouve dans le sol ou dans les tissus des plantes, réagit à l’attraction gravitationnelle de la lune et du soleil, à l’image des marées. Les pics d’humidité du sol, censés coïncider avec la nouvelle lune et la pleine lune, favoriseraient la germination des graines, qui absorberaient davantage d’eau durant ces moments. Les adeptes vont même plus loin : la position de la lune dans le zodiaque jouerait, elle aussi, un rôle dans la réussite des cultures. Selon les signes, chaque période conférerait des conditions de croissance particulières, héritées de traditions anciennes et transmises de génération en génération.
La plantation selon les phases de la lune
Comprendre le jardinage lunaire, c’est accepter une règle du jeu exigeante, mais fascinante. Tout se base sur le cycle lunaire, rythmé par quatre phases distinctes. Durant la première moitié du cycle, la lune gagne en intensité, sa lumière s’affirme. Cette période de croissance lunaire serait propice à la plantation des cultures dont les fruits poussent au-dessus de la terre. La plantation par la lune est un art complexe, qui demande d’observer attentivement le calendrier céleste. Lorsque la nouvelle lune s’annonce, c’est le moment idéal pour semer les plantes à feuilles, celles que l’on transplante, comme la laitue, les épinards, le chou ou le céleri. Viens ensuite le premier quartier : ici, priorité aux fruits et légumes à graines extérieures, par exemple les tomates, les courges, le brocoli, les haricots. Après la pleine lune, la lumière décroît. C’est la phase descendante, celle qui accompagne le développement des racines. Les jardiniers concentrent alors leurs efforts sur les légumes racines et les arbres fruitiers : pommes, pommes de terre, betteraves, navets, asperges, rhubarbe. Durant le dernier quartier, on range les sachets de graines. Cette période invite à s’occuper du sol : désherber, pailler, enrichir, composter, autant de gestes qui préparent la prochaine vague de plantations.
Pour ceux qui hésitent, il suffit parfois d’un essai sur une parcelle de jardin pour se faire une idée. Certains témoigneront de récoltes plus généreuses, d’autres resteront dubitatifs. Mais une chose est sûre : observer le ciel et rythmer ses gestes au fil des cycles, c’est renouer avec une forme d’attention au vivant que la modernité a souvent reléguée au second plan.
Alors, la lune influence-t-elle vraiment nos semis ou s’agit-il d’une croyance tenace ? Quoi qu’il en soit, des générations de jardiniers continuent d’y trouver du sens, peut-être parce que jardiner en regardant la lune, c’est aussi cultiver un rapport singulier au temps et à la nature.

