Cendres dans le jardin : quelle dose, où et quand les épandre

Les cendres dans le jardin rendent service quand elles viennent de bois naturel et qu’elles sont épandues en petite quantité : environ 50 à 70 g par m² lors d’un épandage, soit quelques poignées, sur un sol qui n’est pas calcaire. Au-delà, ou sur un terrain déjà riche en calcaire, elles font plus de mal que de bien. Voici où les mettre, à quelle dose, à quelle saison, et lesquelles jeter.

Ce que la cendre de bois apporte au sol

La cendre de bois est un amendement minéral plus qu’un engrais complet. Selon Consoglobe, elle contient 17 à 33 % de chaux, 2 à 6 % de potasse, 2,5 à 4,6 % de magnésium et 1 à 6 % de phosphore. Elle ne fournit pas d’azote, ce qui la distingue d’un engrais de fond classique.

La teneur varie avec l’essence brûlée : la cendre de bois dur est en général plus riche que celle de bois tendre. La potasse soutient la floraison et la fructification, d’où l’intérêt pour les arbres fruitiers et les plantes à fleurs.

Son effet sur le sol est surtout alcalinisant. La chaux relève le pH, ce qui aide un sol acide mais pénalise un sol déjà calcaire. Pour un jardinier qui cherche à économiser dans son jardin, c’est un apport gratuit, à condition de rester prudent sur la dose.

Cendres de cheminée, de poêle et de barbecue : lesquelles garder

Seules les cendres de bois naturel vont au jardin : bûches et branches non traitées, non peintes, non vernies. Les granulés conviennent quand leur liant est de l’amidon, sans additif.

À écarter sans hésiter :

  • les cendres de bois traité, peint ou verni, qui peuvent contenir des métaux lourds ;
  • celles d’aggloméré ou de contreplaqué, dont les colles et les résines finissent dans le sol ;
  • celles de charbon de barbecue, surtout avec allume-feu chimique, parce que leur origine et leurs additifs sont inconnus.

Laissez les cendres refroidir complètement avant de les récupérer, puis gardez-les dans un seau métallique à l’abri de l’humidité. Celles qui ne servent pas à l’entretien du jardin ne se versent pas au pied des plantes : renseignez-vous auprès de votre collectivité sur la filière d’élimination.

Cendres de bois refroidies dans un seau en métal galvanisé

Sur quel sol épandre, et où s’abstenir

Avant d’épandre, mesurez le pH du sol avec un test d’acidité vendu en jardinerie. La cendre convient aux sols acides, s’utilise en toute petite quantité sur un sol neutre, et se bannit sur un sol calcaire ou alcalin. Un terrain calcaire pousse déjà le pH trop haut, et les plantes y absorbent mal le fer et le magnésium.

Dans les régions sèches et calcaires, le conseil vaut particulièrement : les particularités d’un jardin dans le Sud rendent souvent la cendre inutile.

Les plantes de terre de bruyère sont à exclure de tout épandage : rhododendron, azalée, camélia, bruyère, myrtillier, et hortensia selon Consoglobe. La parcelle de pommes de terre est aussi à épargner, car un pH plus élevé favorise la gale commune.

Quelle dose et quelle saison pour épandre la cendre

La fourchette de 50 à 70 g par m² correspond à un épandage ponctuel, à ne pas répéter sans connaître le pH du sol. Une cendre en excès forme une croûte qui bloque les échanges gazeux entre le sol et l’air.

La période la plus citée est la fin de l’hiver, sur sol nu, avant la reprise des cultures. La potasse étant soluble, évitez de répandre juste avant une forte pluie : elle partirait avant d’avoir servi.

Épandez par temps sec et sans vent, en fine couche, puis griffez légèrement la surface au râteau sans retourner la terre. Jamais de tas : la cendre mouillée durcit.

Au potager : cultures concernées et limaces

La potasse profite aux plantes qui fleurissent et fructifient. Une petite quantité peut convenir aux tomates si le sol n’est pas déjà alcalin. Les arbres fruitiers reçoivent de leur côté une poignée de cendre froide à leur pied.

Fine couche de cendre griffée au pied de plants de tomates

Contre les limaces, la cendre sèche forme une barrière, mais elle perd son efficacité dès qu’elle est humide, et la renouveler après chaque pluie surchargerait le sol. Mieux vaut protéger les feuilles des ravageurs par d’autres moyens et garder la cendre pour l’amendement.

Pelouse et compost : les autres usages

Sur la pelouse, la cendre apporte des minéraux mais aucun azote : elle ne remplace pas un engrais de gazon. Les mêmes précautions s’appliquent, avec une couche très fine et un pH vérifié.

Au compost, c’est un bon correcteur de structure : étalez-la en fines couches bien mélangées, en alternance avec les déchets verts et bruns. Une bonne poignée par seau de matière organique suffit, et il ne faut jamais vider d’un coup tout le contenu d’un poêle. Pour démarrer, vous pouvez installer un composteur au jardin.

Retenez surtout une règle : une dose faible, un pH connu, et du bois naturel uniquement. Pour un premier essai, une seule application suffit à juger de l’effet sur les plantes avant d’en refaire.

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